
Congo, Tchad, Thaïlande, Belgique, Palestine, Turquie, Corée du Sud... nous avons souhaité à travers les huit films sélectionnés pour ce prévisionnement vous offrir en cette période estivale un petit tour de la planète cinématographique. Outre le fait de nous faire voyager, ce programme a bien sûr l'ambition de mettre en avant ce cinéma que nous aimons et défendons tout au long de l'année : des œuvres venues des quatre coins du monde donc, mais surtout des propositions de cinéma variées, riches, stimulantes, étonnantes voir hors normes. Des premiers films et des réalisations d'auteurs confirmés, des palmes ou ours d'or et des œuvres plus confidentielles, des documentaires ou du cinéma à la frontière de l'expérimental... à l'heure ou les phénomènes de concentration sur quelques titres ou quelques lieux se font de plus en plus pressent, il est important de rappeler que c'est grâce à cette diversité que le cinéma se construit, se réinvente et que ce sont des salles de cinéma et des associations comme celles qui se sont regroupées dans Cinéphare qui permettent à cette diversité d'exister.
Outre cette sélection que nous sommes particulièrement heureux de vous proposer (et que vous pouvez découvrir en détail dans le document téléchargeable ci contre) un point sur la transition numérique sera fait le vendredi en tout début de mâtinée.
Nous espérons vous accueillir nombreux lors de ces deux journées et, d'ici là, nous vous souhaitons de passer un très bel été !

Le nom de « Walter » et le mot « résistance », Gilles Perret les a toujours associés. Avant même de savoir ce que cela signifiait, Gilles savait que son voisin Walter avait été déporté dans un camp de concentration du nom de Dachau …
Aujourd’hui Walter Bassan a 82 ans. Il vit avec sa femme en Haute-savoie, et mène une vie pour le moins active.
D’écoles en manifestations, de discours engagés en témoignages de la guerre, Walter continue son long combat, fait de petites batailles, contre toutes les formes de démagogies, d’injustices et d’oppressions. De même que lorsqu’il avait 18 ans, et qu’il « jouait » comme il dit, à distribuer des tracts anti-fascistes dans les rues commerçantes d’Annecy alors occupée, Walter agit en écoutant son cœur. « Je n’ai pas changé », comme il se plait à rappeler.
Partageant ces mêmes « raisons du cœur », Gilles Perret réalise un portrait vivant de cet homme calme et insurgé. Nous sommes invités à les suivre en passant du Plateau des Glières à Dachau, à faire des retours en arrière pour mieux comprendre l’Histoire, à partager leurs inquiétudes face à un monde où l’inégalité et l’injustice gagnent sans cesse du terrain, à poser les questions qui fâchent...
Sans prétention, et avec la même simplicité et constance que Walter, ce documentaire révèle l’actualité, l’importance, et la nécessité, d’une résistance au quotidien.
- Politis

Aicha, Radia et leur mère vivent à l'écart du monde dans une maison à l'abandon dans laquelle elles ont déjà travaillé comme domestiques.
Leur quotidien vacille le jour où un jeune couple vient s'installer dans la maison. Les trois femmes cachent leur existence aux nouveaux venus de peur d'attirer l'attention sur leur situation et d'être chassées.
En effet, elles cachent un secret inavoué...
Le film met en scène trois femmes qui vivent retirées du monde et
ne perçoivent de ce dernier qu’un aspect fragmentaire et erroné.
L’arrivée d’un jeune couple, va bouleverser leur équilibre. Un nouveau
monde s’ouvre à Aicha, le personnage principal.
Le film raconte la découverte de son identité et sa libération. À travers
les personnages de ce film, il s’agit pour moi d’explorer l’univers de
femmes recluses vivant dans la dénégation de leurs désirs enfouis.
Cette répression intérieure du désir, qu’elle se résolve dans une violence
sourde ou avérée, est au coeur des difficultés éprouvées par les femmes
dans les sociétés vivant dans le conservatisme et le repli sur soi.
Mon désir était de raconter un conte de fées moderne et noir. Nous
sommes dans l’univers d’Aïcha : ses fantasmes, son univers enfantin
et étrange. Je voulais être au plus près de mon personnage et de sa
manière bien particulière de se représenter le monde et de se libérer.
- Raja Amari
Raja Amari a écrit et réalisé son premier long-métrage en 2002, Satin rouge, un magnifique portrait
de l’émancipation d’une femme à travers la danse du ventre. Le film fait alors partie de la
sélection officielle du festival de Berlin, ainsi que de nombreux festivals. Il remporte, entre
autres, le prix du meilleur film au festival international du film de Turin et le prix du premier
film au festival international du film de Seattle.
Les Secrets, son deuxième long-métrage de Raja Amari, est sélectionné en compétition
officielle au Festival de Venise 2009.

Peu de films portent aussi bien leur titre, l’arborent aussi ostensiblement, comme un étendard : oui, ces pauvres Romains, et à leur tête l’odieux Giacinto (génial Nino Manfredi), sont affreux, sales et méchants, rivalisant de bassesse et de mesquinerie dans leur bidonville boueux... Les bien-pensants de tous bords ont beaucoup reproché à Ettore Scola pour ce film, probablement parce que celui-ci ne faisait que surligner une réalité qu’il leur était difficile d’assumer : en effet, la plus grande réussite d’Affreux, sales et méchants, réside dans son appréhension frontale d’un constat social désespérant, où la charité n’est qu’un décorum et où l’individualisme forcené a remplacé la révolte collective dans le kit de survie du prolétaire. Initialement, le film devait d’ailleurs s’ouvrir sur une préface de Pier Paolo Pasolini décrivant la manière dont le sous-prolétariat avait capitulé, cédant aux sirènes de la société de consommation, mais le réalisateur d’Accatone fut assassiné avant d’avoir achevé son texte. Pour autant, "Affreux, sales et méchants" est un film tout sauf assommant ou moralisateur, qui ne se rentre dans aucune case idéologique tant il se refuse à toute forme d’idéalisme ou de complaisance. Son credo est celui du réalisme brutal (il convient notamment d’admirer à quel point le film ose ébranler des institutions aussi fondamentales, en Italie, que la famille ou l’Eglise), et Scola avait d’ailleurs dans un premier temps envisagé une approche documentaire, qu’on retrouve ponctuellement dans la précision de ses descriptions communautaires (les décors sont exceptionnels) comme dans son choix de plans longs. Le cinéaste a finalement opté pour la fiction, choix d’autant plus logique qu’elle lui permettait d’une part d’éviter par son ton toute forme de misérabilisme et d’autre part d’inscrire son œuvre dans une double tradition tragi-comique. Giacinto, c’est en effet cet audacieux mélange entre une figure shakespearienne pathétique tout droit sortie du Roi Lear et une logique absurde héritée de vingt ans de comédies italiennes foisonnantes, subversives et impitoyables. En quelque sorte, Affreux, sales et méchants représente le point de non-retour d’un genre qui déclinera fortement dans la décennie suivante : un film aussi violent qu’hilarant, qui fait jubiler autant que grincer des dents, mais au final, un film absolument indispensable.
- Antoine Royer, TVClassik

Dire que son génie a transformé
le dessin animé hollywoodien est
une évidence. De même que Walt
Disney s’est passionné pour cet
art auquel il a apporté tout à la
fois une qualité indiscutable et
une réalité économique, Tex Avery
a bouleversé en quelques années
les barrières établies, créant un
univers aussi personnel et aussi
éblouissant que celui des plus
grands cinéastes américains tels
que John Ford ou Frank Borzage,
Fritz Lang ou Orson Welles.
- Patrick Brion
Pour (re)découvrir ce maître du Cartoon et son univers loufoque et délirant, les salles du réseau Cinéphare vous proposent cette compilation de douze de ses chefs d'oeuvre... soit 1h20 de bonheur, de surprises et d'éclats de rires !

John Edward Duncombe (Anthony Quayle), consul de Grande Bretagne à Florence, vient de perdre son épouse. Il a deux fils mais n'annonce la mort de leur mère qu'à l'aîné de onze ans, Andrea, pensant ainsi protéger le petit Milo (6 ans). Andrea ne réagit pas comme son père l'attend, restant silencieux au lieu de pleurer la disparition de sa mère. Duncombe pense que c'est un enfant insensible, sans cœur, et il ne voit pas que la détresse se son fils est toute intérieure.
« (…) Pour Comencini, la relation entre un père et son enfant n’est pas quelque chose de donné mais un édifice délicat qu’ils doivent construire ensemble. Le cinéaste filme cette histoire terrible en évitant tout sentimentalisme facile. L'émotion qui nous étreint est profonde car elle vient uniquement de l’observation minutieuse et discrète de ce qui se déroule entre Andréa, son père et son frère. Rien de démonstratif, pas de sensiblerie mais énormément de sensibilité. Luigi Comencini nous invite à voir le film à travers les yeux d'Andrea, à partager sa souffrance qui vient du simple fait que son père est incapable de comprendre qu’il a grandi, qu'il a maintenant une conscience aiguë de ce qu'est la mort. Le cinéaste brille à décrire ce moment si particulier où l’enfant bascule, où les jeux n’ont plus la même signification, où la vision du monde, de la morale et de la vie change du tout au tout. Il évoque la complexité de ce passage sans passer par les mots, juste en observant méticuleusement les rapports d’Andrea avec son père et son petit frère. Pour le cinéaste, « un film doit susciter des sentiments et non représenter des idées, parce que les idées suivent les sentiments et non le contraire ». L'Incompris, l’un des films les plus tristes et les plus beaux qui soient, est l’expression parfaite de cette vision du cinéma.

Dans le cadre de l’exposition « La Bretagne fait son cinéma ! »
consacrée à l’histoire du cinéma en Bretagne (du 1er avril au 7 novembre
2010), le Château de Kerjean, Cinéphare et quatre salles du réseau proposent au public de voir ou de revoir une sélection de films tournés dans notre région.
Chaque séance sera l'occasion de mieux découvrir l'histoire du cinéma en Bretagne et ses auteurs, au travers de rencontres avec des réalisateurs (René Vautier, Nicole Le Garrec, Olivier Bourbeillon) ou des spécialistes du sujet (Gilbert Le Traon, directeur de la Cinémathèque de Bretagne et Tangui Perron, auteur du livre "Le Cinéma en Bretagne ») ou encore à l'occasion d'un repas breton comme ce sera le cas à Carantec.
Au Majestic de Saint Pol de Léon, le jeudi 8 à 20h45, la projection d’Avoir vingt ans dans les Aurès sera l'occasion
d’une rencontre avec les cinéastes René Vautier et Nicole Le Garrec, ainsi qu'avec Gilbert
Le Traon, directeur de la cinémathèque de Bretagne.
La Salamandre propose le Mardi 13 à 20h30 une soirée autour de Jean Grémillon avec son film Remorque et une discussion avec Tangui Perron.
A Carantec, le cinéma L’Étoile propose le 17 un double programme à partir de 18h00 avec Que la fête commence de Bertrand Tavernier et Western de Manuel Poirier. Un repas breton sera proposé entre les deux séances.
Enfin, Le Dauphin de Plouescat vous invite le jeudi 29 à (re)découvrir L’Équipier de Philippe Lioret, avec la projection à l'issue du film du documentaire Autour
de L’Équipier d’Olivier Bourbeillon qui sera présent pour discuter avec le public.
Vous trouverez ci-contre tous les détails sur ces soirées.
Cinéphare