
Ce 32ème festival de Douarnenez est consacré aux Peuples du Caucase : Géorgie, Arménie et Azerbaïdjan au Sud, petites républiques au Nord dépendantes de la fédération de Russie. Plus de 50 fictions et documentaires signés Paradjanov, Chenguelaïa, Abuladze, Péléchian, Salayev, Khachatryan… et plus proches de nous, Otar Iosselani, Nino Kirtadzé, Mikhail Kobakhidze, Serge Avedikian ou encore Mylène Sauloy.
Par ailleurs, le festival se fait toujours vitrine annuelle du cinéma de Bretagne, rend hommage au réalisateur américain Robert Kramer, et propose un travail autour de la surdité.
Egalement des programmes Jeune Public et des projections en plein-air, ouvertes à tous : sur la Place en ouverture, Place Edouard vaillant, Plage des Sables-Blancs, dans la cour intérieure de la Médiathèque…
Rendez vous à partir du 22 août pour un Festival qui a rassemblé l'année dernière près de 25000 spectateurs !

La matinée du vendredi sera consacrée à un temps d'échange entre les exploitants du réseau autour des pratiques des salles : questions de programmation (grand public, art et essai, jeunesse, recherche et répertoire...), accompagnement des films, communication, partenariats avec d'autres structures... l'idée est de partager des expériences, d'enrichir ses propres pratiques en les comparant à ce qui se fait ailleurs, de piocher des idées, de chercher se qui fonctionne, de pointer ce qui ne marche pas...
La journée se poursuit l'après midi avec deux films en prévisionnement. Distribué par Le Pacte, Bronson de Nicolas Winding Refn est la séance "coup de poing" de ce prévisionnement : un film surréaliste, drôle et violent tiré de l'histoire vraie du plus célèbre des détenus anglais qui vit son incarcération comme une œuvre d'art. Le film, très remarqué au dernier festival de Beaune (nouvelle appellation du festival du cinéma policier de Cognac) confirme le talent du jeune réalisateur de la désormais culte trilogie Pusher .
Changement de registre avec la présentation en copie restaurée et en projection numérique du classique de Jacques Tati, Les Vacances de Monsieur Hulot que Carlotta ressort durant l'été. L'occasion de coller avec l'actualité Tati qui est l'objet d'une grande exposition à La Cinémathèque de Paris, "Jacques Tati, deux temps, trois mouvements", qui se tient jusqu'au 2 août prochain.
Le soir, en avant première nationale, Ad Vitam nous propose le nouveau film de Shane Meadows, Somers Town. Après This is England, le réalisateur britannique nous offre une comédie sociale à l'anglaise où l'on retrouve le jeune acteur de son précédent film, Thomas Turgoose.
Le samedi, la journée débute avec la projection pour la toute première fois en France du troisième long métrage de Sébastien Lifshitz, Plein sud, avec Nicole Garcia, Yannick Rennier et Léa Seydoux. Un cadeau que l'on doit de nouveau à Ad Vitam.
L'après midi se poursuit avec le nouveau film d'Elia Suleiman, Le Temps qu'il reste, troisième et dernier chapitre d'une trilogie entamée avec Chronique d'un disparition. Dans ce film, présenté en compétition officielle au dernier Festival de Cannes, le cinéaste mêle la grande Histoire, celle de son pays la Palestine, et la petite en livrant une œuvre intime dans laquelle il parle de son enfance, de son père et du décès de sa mère. Le film, distribué par Le Pacte, sera projeté en numérique.
Pour clôre ces deux journées, nous aurons le plaisir de vous présenter Le Roi de l'évasion, également sélectionné à Cannes à La Quinzaine des réalisateurs, nouveau film du toujours étonnant cinéaste aveyronais Alain Guiraudie. Le plaisir de retrouver devant l'écran Hafzia Herzi, la grande révélation de La Graine et le mulet.

A Berlin, pendant l'hiver 1978, un groupe de jeunes bourgeois s'improvisent terroristes et se radicalisent lorsque l'un d'eux est abattu par la police. Ils ignorent qu'ils sont manipulés par un l'entrepreneur P.J. Lunz et la police.
Fassbinder ne prend pas de gants. Il ouvre chaque acte du film par un intertitre reprenant des graffitis obscènes trouvés dans les toilettes publiques de Berlin-Ouest. Tout devient trivial, résumé et programmé par le sous-titre du film : "une comédie en six parties, pleine de tension, d'excitation et de logique, de cruauté et de folie, comme les contes (que l'on raconte aux enfants) pour les aider à supporter leur vie jusqu'à leur mort". Son propos est très précis : la "troisième génération" contemporaine de révolutionnaires succédant à Baader, à 1848, n'a pas de motivations politiques ; elle n'agit que pour le plaisir du danger, pour "l'aventure vécue comme dans l'ivresse devenant sa propre finalité". Les terroristes sont ici de petits bourgeois complexés, pleins de volonté mais sans représentation. Ils naissent de l'ennui apolitique d'une société immobile, mais Fassbinder va encore plus loin en souscrivant à la thèse d'une manipulation de ces mêmes terroristes par le Capital, conforté par cette violence. Dans le film, la Police et les Industriels tirent les ficelles de ces fantoches, qui se moquent de Bernhard, gauchiste lecteur de Bakounine, ou usent d'une citation de Schopenhauer comme signe de ralliement sans comprendre son implication.
- Léo Soésanto, DVDClassik

Un homme, à peine arrivé en ville, se fait violemment attaqué par une bande de casseurs de SDF. Laissé pour mort par ses agresseurs, il est conduit à l’hôpital où il est bientôt déclaré irrécupérable. Contre toute attente, il se réveille mais a tout oublié de son passé. C’est dire qu’il en faut du talent pour nous faire croire à une histoire d’amnésique et Kaurismaki en a à revendre ! Ce postulat de base, le réalisateur s’en empare avec une simplicité confondante. En quelques plans, avec le sens de l’ellipse qu’on lui connaît, tout est posé et Kaurismaki a crée une enveloppe vide, sans nom, sans histoire, sans attaches, sans but et même sans visage (il est recouvert de bandelettes, citation amusée de L’Homme invisible de James Whale). Dorénavant, tout consiste pour le cinéaste à remplir ces vides : par des rencontres, des amitiés, l’homme sans histoire revient à la vie, se construit, renoue avec une humanité dont il avait été brutalement arraché. L’Homme sans passé est l’un des films les plus optimistes de Kaurismaki. Le cinéaste y laisse éclater sa foi en l’homme et en la solidarité des exclus. Si le film est dans la droite lignée de ses œuvres contestataires qui prennent le parti de la classe ouvrière et des « petites gens », la critique des puissants se fait moins virulente. Il n’y a pas de cible, pas de salaud à pointer du doigt, juste le constat simple d’un système capitaliste inique et insupportable. Bien qu’il nous parle d’entraide, de dignité, de dévouement, Kaurismaki évite toute mièvrerie. Son film nous touche profondément, nous émeut aux larmes alors que le cinéaste prend le contre-pied des situations les plus lacrymales avec son génie du burlesque. Kaurismaki peut évoquer les sujets les plus tristes et les plus graves avec la légèreté d’un funambule. Ses films sont des poèmes, des boutades, et pourtant ils touchent au cœur. Au cœur des sentiments les plus humains, au cœur des drames de nos sociétés.

A l'occasion de la sortie de son nouveau film, Ponyo sur la falaise, le cinéaste japonais Hayao Miyazaki sera à l'honneur durant le mois d'avril. Stéphane Le Roux, spécialiste de l'animation japonaise qui sortira prochainement un livre consacré au maître et un autre à son éternel complice Isao Takahata (Le Tombeau des lucioles), viendra évoquer à l'issue des projections l'oeuvre d'un des plus grands réalisateurs en activité à l'heure actuelle. Depuis vingt ans, Hayao Miyazaki aligne les chefs d'oeuvre : Mon voisin Totoro, Nausicaa, Le Château dans le ciel, Kiki la petite sorcière, Princesse Mononoke... un dessin d'une précision absolue, une richesse graphique sans commune mesure avec les productions standards, un soin inoui apporté à l'animation font du créateur des studios Ghibli non seulement le plus grand cinéaste d'animation apparu depuis Walt Disney, mais aussi un auteur à part entière qui propose de film en film un univers d'une infinie richesse.

Après Madame Jacques sur la Croisette et Voyages , Nulle part terre promise est le troisième long métrage du réalisateur. Le film est le récit de trois trajectoires dans l'Europe d'aujourd'hui : un cadre, une étudiante, un kurde et son fils. C'est un portrait de l'Europe qui repose avant tout sur une expérience de cinéma : "Pour ce film, je n’ai jamais eu à tourner « ce qui est écrit dans le scénario ». Dans un film « normal », 99% du travail consiste à vérifier que ce qui a été écrit a bien été tourné. Là, j’ai pu m’intéresser aux lieux, aux manières dont les personnages pouvaient les habiter. Leur regard sur ce qui les entoure a composé le premier angle d’enregistrement du film, et l’histoire générale du film s’écrit en creux. C’était intéressant : transférer le rôle décisif depuis l’écriture vers l’enregistrement, depuis le scénario vers le tournage. Inverser le processus, ne pas partir du scénario, mais de l’angle de l’objectif. L’enregistrement de la réalité comme point de départ de la fiction. On peut alors tenter de filmer les phénomènes d’un monde non-asservi à l’histoire, en tant que ce qu’il est ". Une vraie proposition de cinéma qu'Emmanuel Finkiel viendra expliquer au public des salles.

Cette journée a pour objectif de former les animateurs jeunesse pour qu’ils puissent intégrer le cinéma dans leur projet pédagogique, sensibiliser les bénévoles de salles associatives à la programmation de courts métrages et favoriser le partenariat entre les Accueils Collectifs de Mineurs et les salles de cinéma.
Cette formation gratuite s’adresse aux animateurs jeunesse des 4 départements de la Bretagne et aux animateurs (bénévoles ou salariés) des salles de cinéma des 4 départements.
Le matin seront projetés les trois courts-métrages qui constitueront le programme des Rendez-vous du Court de Côte Ouest, en circulation à la rentrée 2009.
L’après-midi les principales questions liées à la diffusion des courts métrages seront abordées, sous forme d’ateliers animés par les partenaires de cette formation :
- Comment composer un programme de courts-métrages ? (par Cinéphare et Côte Ouest)
- Témoignages d’expériences d’actions et pratiques culturelles cinématographiques avec un jeune public : L’atelier de réalisation de films par le CAC Sud 33, «Ecrire pour Lire Pour », « Les ateliers des Engraineurs », etc…
- Comment présenter un film qui pose problème ? (par l’UFFEJ Bretagne)
- Comment présenter un film réalisé par des jeunes sous la responsabilité d’un animateur ? (par l’UFFEJ Bretagne et Côte Ouest)
- Comment préparer un séjour de jeunes dans un festival de cinéma ? (par l’UFFEJ Bretagne et Côte Ouest)
Les dispositifs de programmation de courts-métrages (par Le Quai des images, Cinéphare et CinéM.A. 35)
Vous trouverez ci contre le détail de cette journée ainsi que la procédure d'inscription.
Cinéphare